GORILLAZ “PLASTIC BEACH” : ECOUTE ET PREMIER BILAN.

1 March 2010 par Jeff  
Dans ALBUMS

Nouvelle secousse dans le Monde animé du groupe Gorillaz, ce groupe virtuel rendu plus que réel par l’entremise de Damon Albarn et Jamie Hewlett, qui s’apprête à faire feu d’un nouvel album intitulé Plastic Beach. Mais cette sortie, c’est aussi la mise en place d’un plan com’ bien ficelé avec son déroulement en step by step. Aujourd’hui, place à la dernière étape avec l’apparition d’un player rendant disponible à l’écoute, l’intégralité des tracks à venir sur Plastic Beach. Bon album ? Totalement bidon ? On vous dit tout…

Premier constat, les hits formats télé et radio sont quasiment introuvables ! Non pas, que ce disque soit de mauvaise facture, bien au contraire, mais tout simplement, parce que Plastic Beach est une galette indé de chez indé. On peut même parler d’un sérieux virage dans l’univers de Gorillaz, qui se définirait plus aujourd’hui, comme un groupe hip hop, aux sonorités électro. Pourtant, Murdoch, le seul rescapé de Gorillaz époque Clint Eastwood, Feel Good Inc ou Dirty Harry, n’a pas l’étoffe d’un rapper du Bronx. Mais, c’est comme cela avec Damon Albarn, il ne faut pas toujours chercher à comprendre… Alors on tend l’oreille et basta.

Pour écouter l’album dans son intégralité, rendez-vous sur NPR.org.

Tout démarre par une Intro Orchestral, déjà entendue dans un teaser vidéo mis en ligne sur le net, il y a quelques temps. S’en suit Welcome to the World of the Plastic Beach, track à la cool s’il en est. Le trip y est solaire, presque lourd au point où l’on ressentirait presque le besoin de siroter un cocktail maison, allongé de tout son long sur un transat, au sein du QG du groupe, cette fameuse Plastic Beach, culminant de son monticule de déchets, point le plus au Sud de notre Monde… Ou du leur, on en perdrait notre latin.

Belle mise en bouche, un peu gâchée, par un White Flag, qui n’apporte pas grand chose à Plastic Beach. Mais, si vous êtes amateur de sonorités du Monde arrangées de manière classique, comme directement tirées du label Honest Jon’s, vous devriez aimer. Constat assez similaire pour le titre Rhinestone Eye , qui fait le lien entre White Flag et Stylo. Passage express entre sonorités  world  et eighties à la K2000, cracras et désabusées. Stylo n’est pas très access à la première écoute, mais il y réside une force indéniable, devenant hypnotique. Encore faut-il faire l’effort d’écouter et passer le cap du “putain, mais ça braille ! “. Pas évident, il faut l’admettre.

Beaucoup plus fun et avec une touche bien connue de Gorillaz, sur le très bon esprit Superfast Jellyfish. Le son y est old school, frais et très summer. Reste, qu’il s’agit toujours d’un titre aux influences 100% hip hop. Globalement, la Team97 s’entend sur le fait, qu’il s’agit d’un titre sympa mais sans plus, pas de quoi squatter votre iPod pendant des années.

Le tempo retombe ensuite par l’intermédiaire du titre Empire Ants et son lyrisme aquatique voguant sur le grain de voix de Little Dragon. Embraye cette ligne de synthé entêtante et véritable marque de fabrique de Plastic Beach. C’est clairement, un des gros points forts de cet album, qui peut trainer en longueur parfois et nous flanquer de bonnes claques sans crier gare. A l’opposé, Glitter Freeze dans un trip électro synthétique est beaucoup moins digeste, trop strident.

Some Kind of Nature, voilà peut être LA bonne surprise de cet album de Gorillaz. Damon Albarn a taillé un track sur mesure pour Lou Reed, qui se comporte comme on l’apprécie vraiment, dans une espèce de transe au spleen plein de saveur, comme dans un Walk on the Wild Side remis au goût du jour. Dommage, ce titre est trop court ! Mais n’est ce pas là, la force des titres forts ? Dans cette même lancée, l’aventure se poursuit avec une vraie pop song, qui pourrait devenir le produit d’appel de Plastic Beach sur nos radios, c’est le titre On Melancholy Hill. Disons-le tout net, cette chanson est gentille, douce, tendre, efficace, un peu cucu penserez-vous et diablement agréable à écouter, tout simplement.

Poursuite des hostilités avec Broken, qui joue parfaitement son rôle de titre de transition entre le très plaisant On Melancholy Hill et le très tribal Sweepstakes. Morceau semblant sortir d’un labo d’un producteur sous substances illicites, Gorillaz nous emmène loin avec ce titre-ci. Mais, encore une fois, faites l’effort de passer l’intro certes trop longue, mais nécessaire à la découverte d’une myriade de sonorités rarement entendues. Puis, il est temps de retourner planer haut, très haut avec le titre éponyme de cet album. Plastic Beach m’apparait comme une suite presque évidente au titre El Manana, présenté sur l’album Demon Days. C’est peace et envoutant, c’est du Gorillaz que j’aime, qui ne tombe pas dans la pop song trop facile, ni dans un délire hype pour le principe de l’être.

To Binge reste dans la même veine avec un son chaud et des pointes de synthés, dansant comme les rayons du soleil, qui viendraient picoter votre peau en plein cagnard. Cloud of Unknowing, sorte de prière électro, envoie sérieusement, avec cette nappe entourant la voix de Bobby Womack, qui apporte une touche céleste à Plastic Beach. Ce titre est inattendu sur un album de ce gabarit. Damon Albarn sort des sentiers qu’il a déjà battu dans les précédents albums et il fait vraiment merveille.

Titre bouclant l’affaire avec Pirate Jet, un track qui vous mettra du Lou Reed plein la tête. Il y a également du The Doors dans cette conclusion, qui pourtant surfe sur une vague hip hop. Là aussi, malheureusement, c’est trop court, car trop bon !

Pour conclure, Plastic Beach, le nouvel album de Gorillaz et donc de Damon Albarn, est un vrai bon album, mais difficilement accessible si l’on se contente d’une unique écoute. Il faut passer certains caps et ne pas s’attendre à un trip uniquement orienté rock.  Bénéficiant quelques fois de certaines longueurs nécessaires, Plastic Beach peut être époustouflant d’autres fois, notamment sur les titres Some Kind of Nature ou On Melancholy Hill. En tout cas, tout est fait, pour déstabiliser et c’est réussit. Ouvrir nos chakras est une nécessité, alors à vous de juger lors de la parution de Plastic Beach à la date du 8 Mars ou bien dès maintenant, puisque nous avons la primeur de cet album au combien attendu. Dernier conseil pour la route, écoutez cet album à plusieurs reprises pour vous forger votre réel opinion.

Article déposé par Jeff.

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Commentaires

4 Commentaires pour "GORILLAZ “PLASTIC BEACH” : ECOUTE ET PREMIER BILAN."

  1. JeK on Tue, 2nd Mar 2010 03:39 

    Je viens d’écouter et je dois dire que vous avez parfaitement cerner l’album!
    Même si on ne distingue pas de vrais “tubes” qui pourrait sans peine passer sur les ondes, faut quand même pas oublier que c’est du Gorillaz pur jus quoi !
    Leur précédent album, bien que tout aussi excellent, contenait à mon sens trop des titres “faciles” et donc assez commerciaux au final, genre DARE, Feel Good Inc. ou même Dirty Harry (même si ça n’enlève rien au fait qu’ils sont superbes!)…
    Là, y’a vraiment pas à chier : c’est non seulement excellent mais c’est du bon gros Gorillaz comme on les aime. C’est pas commercial du tout et les featurings sont tout simplement divins !
    Putain qu’est-ce que cet album fait du bien ! Love !

  2. Guillaume on Fri, 12th Mar 2010 07:20 

    Totalement d’accord avec toi,
    Moi je le compare à Humbug…
    Pas au niveau du style mais au niveau de l’impact des morceaux

    Excellent album !!!

    Guillaume (The Roxanne)

  3. Dieu on Thu, 18th Mar 2010 09:53 

    Dur d’être objectif (arg, ne pas flatter, ne pas flatter!)
    Bon pour moi Plastic Beach était l’album que j’attendais
    le plus en 2010 et je ne suis pas décu,
    selon moi ca reste du son très peu actuel
    et même si les influences trip hop sont nombreuses,
    ca reste un meilleur album que ce qui se fait en rap pur
    en ce moment. Peut être une légère décéption,
    l’album manque de vrai pouvoir rock, comme dit plus haut,
    mais l’electro pop y redorre son blason
    (et elle en avait besoin depuis Ke$ha…)

    bref, déjà un classique sans classique sur la playlist,
    les singles sont peut être mal choisis
    (stylo, superfast jellyfish, on melancholly hill)
    puisque le meilleur morceau de l’album, “plastic beach”
    n’y est pas (ouin!)
    Bref même si leur meilleur reste demon days a mes yeux,
    plastic beach est génial et je suis content^^
    (mince j’ai flatté!)

  4. brouard on Mon, 24th May 2010 20:51 

    Trop de la balle !!!

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